Suite à mon article précédent sur l’ouverture de l’exposition de Tim Burton à la Cinémathèque de Paris, il me semblait intéressant de partager avec vous ma visite de cette expo qui, loin d’égaler celle du MoMA de New York, a fait déjà couler beaucoup d’encre (noire bien sûr…).
Cela s’est donc fait samedi dernier, à la dernière minute. Et en bonne provinciale j’ai manqué à tous mes devoirs en n’allant pas d’abord vérifier sur le site web de la Cinémathèque qu’il y avait des billets coupe-file en réservation à l’avance. Non parceque, l’art burtonien, on n’aime ou on n’aime pas, mais il faut savoir qu’une queue de minimum 2 heures vous attendra à l’ouverture de la journée d’expo (et beaucoup plus ensuite…) si vous n’avez pas de billet coupe-file.
Je suis donc arrivée avec ma fille de 12 ans, 10 minutes en avance, croyant être maline, parmi la foule de curieux, de passionnés, de gothiques, pseudo-gothiques, néo-gothiques ou pas gothiques du tout etc… Du coup l’ambiance était tout sauf lugubre… électrique! Du pur Frankenweenie avant l’heure. De charmants (plus très jeunes) metal-heads nous ayant revendus des billets coupe-file de leurs amis n’ayant pu venir, nous n’avons fait qu’une heure de queue… génial!
Nous voici donc entrant dans la Cinémathèque, prenant l’ascenseur vers la sombritude artistique du 5e étage. Par sombritude je ne parle pas de l’univers imaginaire de Tim Burton que certains appellent “macabre” (ils n’ont décidément rien compris…), mais de la foule qui envahit les salles d’expo à peine sortie de l’ascenseur. Ceux qui sont déjà venus au Studio Nekographics connaissent l’importance que nous donnons à la scénographie… car chez nous c’est comme une salle de cinéma doublée d’une galerie d’art. Très importante le scénographie, quand on veut que les visiteurs se sentent bien et repartent la tête pleine d’images. Et bien c’est quelquechose que je n’ai pas trouvé dans l’expo… sinistre déception! Car à voir l’enfilade de petites salles et de couloirs étroits, on se demande comment la gestion des visiteurs a été planifiée… Même le gentil vendeur de la boutique de souvenirs de 4m2 s’en plaignait. C’est un peu surprenant, quand on pense que l’univers de Tim Burton, bien que d’un humour souvent noir, est inspiré en priorité par l’enfance… Alors quid des gravures et illustrations placées à plus d’1m80 de haut?
Bref à part la scénographie franchement manquée, comme il faisait bon de voir le parcours de cet artiste fortement influencé par le cinéma et l’art expressionnistes (voir peinture ci-dessous, ressemblant étrangement au “Cri” de Munch…).
Il y a de tout dans cette exposition, ses illustrations, ses dessins d’enfance, ses sculptures… même ses serviettes en papier provenant des cafés et restaurant où il va et sur lesquelles il gribouille des dessins fabuleux dès qu’une idée émerge dans son imagination si fertile.

Serviette en papier provenant du Ritz à Paris et sur laquelle Burton a imaginé une divinité indienne, rien qu’en regardant le logo de l’hôtel…
J’y ai retrouvé tous les personnages qui me touchent encore et toujours, “Voodoo Girl” la fille au coeur transpercé d’aiguilles, “Edward Scissorhands” la créature différente et rejetée par la société, même Batman… encore un personnage solitaire ne rentrant pas dans le moule et qui, bien que créé par Bob Kane de DC Comics et non par Burton, colle tout à fait au florilège de ses personnages.
Des centaines d’articles de blog ou dans la presse ont été écrits sur Tim Burton et son empreinte dans le cinéma moderne. Je ne vais donc pas en rajouter. Il faut juste savoir que ce dessinateur-réalisateur-artiste ne donne pas dans le lugubre juste pour le lugubre. C’est la plupart du temps de l’humour noir, toujours teinté de romantisme (le vrai!) au sens pur du terme. Ses illustrations d’abord et films ensuite, répondent tous à un besoin écrasant de beauté visuelle et émotionnelle. Dans ses histoires où l’amour et la mort dansent ensemble dans des mondes sombres et ultra colorés à la fois, il y a toujours une morale enfantine dans laquelle les méchants ne gagnent pas! D’ailleurs l’amour est partout présent dans l’oeuvre de Burton, sous quelle que forme qu’il soit.

Dessin de Tim Burton sur l’amour, la flèche de Cupidon transperçant… les amoureux! Encore de l’humour décalé et génial!
Et si vous y allez et êtes un inconditionnel de Tim Burton, vous pourrez toujours faire comme moi et succomber au magnifique Art Book de 434 pages spécialement édité pour l’occasion, un recueil sublime de ses 40 années de projets personnels et professionnels, entrecoupés de citations et commentaires de personnalités du cinéma tels que Johnny Depp (bien sûr!), Christopher Lee, Dany DeVito… Bonne visite et bonne lecture!
Par contre si vous n’y allez pas, ne ratez pas le film “Dark Shadows” (en ce moment sur les écrans), petit bijou, mélange fantastique étonnant et détonant entre les vampires et autres sorcières, et les couleurs psychédéliques des années 70, avec une excellente distribution (Michelle Pfeiffer, Eva Green, Johnny Depp….), sur une musique d’Iggy Pop et Donovan, avec en prime Alice Cooper en personne!!! Et enfin le très attendu “Frankenweenie” (sortie le 31 octobre 2012), reprise des premiers essais cinématographiques de Tim Burton, tout en noir et blanc (un régal!), l’histoire d’un petit garçon qui essaie de faire revenir à la vie son chien adoré… Encore de la vie et de l’amour, que vous disais-je?
Je vais maintenant laisser place aux images (prises en douce car pas le droit de photographier l’expo :p), tout en vous recommandant très fortement d’aller visiter cette exposition qui se tient à Paris jusqu’au 5 août 2012.
THE END…. (… or not?)
* “The melancholy death of Oyster Boy”, recueil de poèmes et dessins de Tim Burton.


















